Le peuple Sami suèdois

LA RÉDACTION | TJENA STUDIO
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Les Samis sont vécu dans la région de l’Arctique depuis des milliers d’années. À l’origine, ces éleveurs de rennes étaient des nomades vivant au-delà du cercle polaire arctique. Qu’en est-il de nos jours ?

Les Samis et les rennes

L’émergence de l’agriculture se traduisit par l’adoption d’un mode de vie sédentaire pour un certain nombre de tribus historiquement présentes sur le sol suédois. Ceux de ces hommes qui firent le choix du travail de la terre eurent tendance à refluer vers le sud du pays, tandis que les autres, qui ont fini par former les Samis d’aujourd’hui, restèrent fidèles à leurs habitudes de chasseurs-cueilleurs, s’établissant définitivement dans le nord.

Ce sont les rennes qui ont probablement fourni la ressource vitale la plus importante aux populations samis, qui passèrent des milliers d’années à chasser ce gibier au milieu des étendues sauvages en se servant d’armes ou de pièges. A la longue, ces chasseurs finirent par s’organiser pour exercer un contrôle sur les troupeaux, protégeant les rennes des prédateurs et prélevant un certain nombre d’animaux en fonction de leurs besoins alimentaires.

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Parallèlement, ils entreprirent de domestiquer une partie des cervidés pour en obtenir du lait ou s’en servir comme moyen de transport, et c’est ainsi qu’au 15ème siècle déjà, toute une vaste économie basée sur un mode d’élevage des rennes systématique était présente en Laponie.

Il y a 250.000 rennes en Suède. Les prédateurs naturels tels que le loup sont considérés comme une menace majeure pour les propriétaires de rennes.
Les rennes se nourrissent principalement des champignons, de lichens, d’herbes et d’herbes.

Les spécialités culinaires Samis

La viande « Suovas »

« Suovas », un mot Sami qui signifie « fumé », se compose de viande de renne légèrement salée et fumée, servie la plupart du temps avec du délicieux pain au levain et des airelles. Le type de suovas le plus remarqué est composé de cuisse et de croupe fumés, premier produit suédois protégé par le Présidium Slow Food. Le goût est accru par le fumage à froid traditionnel effectué dans un « kåta » (tipi Sami) au-dessus d’un foyer à ciel ouvert. Cette viande de type bresaola (viande séchée) s’apprécie en tant que snack entre de fines tranches de gaufres.

Le « Västerbotten »

Le västerbotten tient son nom du comté du nord de la Suède dont il est originaire. La ville principale est Umeå, au bord de la mer Baltique. Le fromage est originaire de Burträsk, une petite ville à une heure au nord.

L’histoire (ou la légende) raconte qu’une laitière a inventé ce fromage par erreur alors qu’elle s’était laissée distraire par son amoureux. Le västerbotten existe depuis 1872 et la recette est secrète. C’est l’un des fromages les plus populaires de Suède, au point qu’il est surnommé « l’empereur des fromages ».

Fromage au lait de vache qui s’affine pendant au moins 14 mois, il a une saveur unique, très parfumée, qui rappelle vaguement le parmesan et une texture granuleuse. Ce fromage bien gras est à goûter dans la västerbottensostpaj, la quiche au fromage, particulièrement populaire en été.

Le « Messmör »

On appelle cela du petit lait. Lorsque l’on fabrique du fromage, on récupère toute la partie qui reste après avoir conservé le meilleur, et on a donc un liquide qui ne contient pas grand-chose à part de l’eau et du lactose. D’ailleurs, cela s’appelle aussi du lactosérum. Le messmör est donc sucré et très pauvre en graisse, ressemble à la crème glacée fondue et cela rappelle le lait concentré sucré. Il est utilisé dans de nombreux plats à base de viande, mais vous pouvez certainement le goûter aussi au petit-déjeuner.

L’airelle rouge

Très nombreux sont les plats en Suède à être servis avec un soupçon de confiture d’airelles ou lingonsylt. Il serait inconcevable de séjourner en Suède et de passer à côté de cette confiture. Vous pouvez la découvrir sur des toasts au petit-déjeuner ou sur des pancakes au goûter, si vous n’aimez pas le sucré salé, mais il serait dommage de se priver d’un bon nävgröt par exemple, un plat très traditionnel avec du porc frit et à base de skrädmjöl (farine d’avoine rôtie) ; copieuse et savoureuse spécialité de l’ouest du pays.

Les Samis et l’environnement

Les Samis ne retiraient pas seulement leur subsistance de l’environnement : ils entretenaient aussi une relation spirituelle avec les éléments naturels, qu’ils considéraient comme autant d’entités vivantes et conscientes avec lesquels ils pensaient avoir vocation à coexister au sein de la grande famille terrestre.

C’est dans cet esprit que vécurent les Samis jusqu’au 17ème siècle, période à partir de laquelle les royaumes de Suède et de Danemark ainsi que la république de Novgorod entreprirent de coloniser les terres situées le plus au nord du continent européen. Des terres et une franchise d’impôt furent alors accordées à différentes populations extérieures à la sphère sami, venues s’installer dans ces régions septentrionales reculées à partir du sud de la Finlande ainsi que d’autres régions plus urbanisées.

L’un des aspects très révélateurs de cette première vague de colonisation fut la décision de faire payer l’impôt aux Samis, d’ailleurs soumis dans certains secteurs de la Laponie à l’autorité administrative de trois États différents. Également, il faut noter que la christianisation fut un autre aspect dont l’influence fut importante au cours de cette même période.

Peu à peu, des frontières se constituèrent, si bien que les terres furent démembrées et réparties, d’où une difficulté accrue pour le peuple sami à maintenir son patrimoine culturel ainsi que les langues qui se pratiquaient au sein de leur communauté. L’assimilation suivit alors son cours : les Samis intégrèrent le système scolaire mis en place par le pouvoir central, les membres de la communauté devenant dès lors partie prenante de l’économie finlandaise et relevant désormais des lois de la Finlande, cette mutation ayant conduit graduellement un grand nombre d’entre eux à perdre en partie leur culture particulière.

L’importance de la langue et de la terre

Au cours de la seconde moitié du 20ème siècle, la culture sami connut une régénérescence grâce à l’initiative de la communauté sami elle-même, qui demanda et obtint de se voir reconnaître le statut de nation à part entière au milieu de l’ensemble des habitants de la Scandinavie.

Les défenseurs de la nation sami ont déployé des efforts considérables pour que la langue sami accède au statut de langue officielle, de même qu’ils ont mené un combat vigoureux pour obtenir la restitution de leurs terres ancestrales, cette dernière démarche ayant par ailleurs reçu le soutien de l’ONU. S’agissant du statut linguistique, les efforts entrepris se sont révélés payants dans une assez large mesure, les différentes langues sami bénéficiant aujourd’hui d’une reconnaissance officielle dans trois municipalités du Grand Nord finlandais.

Cependant, il s’est avéré plus difficile pour les Samis de faire reconnaître leurs droits territoriaux autochtones du fait de l’opposition des habitants de la Laponie non membres de la nation sami, qui ont pu craindre de perdre leurs droits sur les terres qu’ils exploitent. Cette question reste aujourd’hui encore en suspens au sein du Parlement finlandais.

Aujourd’hui, les Samis demeurent une réalité incontournable de l’ensemble des sociétés d’Europe du Nord, puisque cette communauté vit essentiellement dans une vaste région qui couvre le nord de la Norvège, de la Suède, de la Finlande et de la Russie, avec une population qui dépasse les 100.000 habitants, dont 7500 environ sont établis à l’intérieur des frontières finlandaises.

Le point le plus important est peut-être que les Samis disposent de leur propre Parlement depuis 1996. De même que les Samis furent les premiers arrivants sur le sol finlandais, on peut penser qu’un jour, quand le climat connaîtra un nouveau refroidissement et que la grande calotte glaciaire d’autrefois reviendra recouvrir l’ensemble des terres, ces hommes seront aussi les derniers à quitter le Grand Nord.

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